Naturel

           
     Une dame, un jour, vient sonner à la porte de Maître Deshimaru.
  A cette époque Sensei occupait trois pièces dans un immeuble de construction relativement récente, rue Pernety, tout près de la station de métro du même nom,
dans le 14ème arrondissement de Paris.
  La rue Pernety était encore une rue de quartier, bordée sur un côté de batiments anciens haut de trois ou quatre étages,  une rue populaire et animée dans la  journée.
   Nous avons entendu sonner et quelqu'un a demandé:
  - Puis-je rencontré le maître ?
   Dans l'entrée étroite, habitués ou visiteurs de passage, nous étions tous invités à nous déchausser.
   Nous pensions en général à ranger nos chaussures, à bien les aligner les unes à côté des autres, la pointe contre le bas du mur. Marielle, la secrétaire, veillait à ce que la consigne soit respectée. Mais en fin de semaine, certains samedis le soir, la situation échappait à toute règle. Les imperméables fourrés, les anoraks et les lainages étaient accrochés aux portes manteaux, tant bien que mal, les uns par- dessus les autres et menacaient à tout instant de glisser pêle-mêle dans le passage. Sur le paillasson les souliers et les botillons s'entassaient en désordre.
  - NOT concentrés !
  Au ton de Sensei, il apparaissait clairement que notre éducation présentait de sérieuses lacunes.
   La salle de séjour était la pièce la plus grande de l'appartement.
  L'aménagement était sobre mais sans austérité ostentatoire. Un canapé à trois places, au velours un peu rapé, où l'on pouvait s'asseoir quatre et même cinq en se serrant bien quand les sièges venaient à manquer. des éléments de rangement et quelques sièges, apportés par des disciples, complétaient de bric et de broc l'ameublement.
   Murielle fit entrer la visiteuse.
  Son entrée ne passa pas inaperçue. De fait, il aurait été bien difficile de ne pas remarquer cette dame immédiatement. D'une taille plutôt en dessous de la moyenne, elle avait été pourvue par la nature d'une poitrine hors du commun, forte, généreuse, débordante. Et justement .....
   - Sensei ! Je suis dans l'embarras. Ma poitrine me gêne. Pendant kinhin, je ne sais pas comment placer mes mains. Est-ce que je dois les mettre dessus, dessous ou devant ?
    Maître Deshimaru la fixa droit dans les yeux et répondit sans hésiter par un geste tranchant de la main :
                                                                                                      Suite


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