Première guen-maï


             
   1968
      C'était au début de l'année, à Gretz dans la banlieue de Paris, chez Taigen René Joly, premier moine ordonné par Maître Deshimaru. Dans le parc qui entourait sa demeure, René Joly, bouddhiste depuis trente ans, avait construit un dojo.
   "Une grande salle pouvait accueillir vingt-cinq personnes. Cinq cellules dans un bâtiment traditionnel, de pierres et tuiles, au milieu des arbres en bordure d'une forêt, constituait un lieu idéal pour la pratique de la méditation, pour les retraites". (Vrai zen - 1ére édition).
  Maître Deshimaru m'avait téléphoné pour m'inviter à m'inscrire au week-end programmé. Ce fut ma première sesshin.
   Le samedi matin au petit  déjeuner, il y avait sur la table du thé et du café, un sucrier (du sucre roux),  du pain (complet) et du beurre, du miel et des pots de confiture. Les pots et les corbeilles circulaient d'un bord à l'autre de la table.
   - Le pain, s'il vous plait. Merci.
   - Le beurre ? non, mais ... le miel.
Comme par hasard le miel est ... là-bas. Le pot passe de main en main avec des sourires de remerciement.
   - Sensei, what do you want ? Tea or coffee ?
   - Sensei, voulez-vous goûter à ma confiture de fraises maison - home made!
   - You made ?
   - Yes sensei. Very good.
   J'étais assis en face de Maître Deshimaru. Depuis un moment je remarquais son mutisme. Il se tenait comme en retrait. Je sentais qu'une idée lui trottait dans la tête. Soudain, il me regarde:
    -  Tomorrow guen-maï !
Quoi ? guen-maï ? C'est la première fois que j'entends parler de guen-maï.
    - Yes Sensei. But .... guen-maï .... what is it ?
    - Rice-soup !

                                                                                                  Suite
 
                                                                                                                            
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